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Gabon-Dialogue Politique : Regard sur la jeunesse

28 mars 2017, ouverture du “DIALOGUE NATIONAL” au Gabon   

Gabon-Maixent-Mambangui-Dialogue-Politique-Regard-sur-la-jeunesse

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Avant d’aborder la question relative à la jeunesse gabonaise et à ses enjeux ou défis dans le contexte d’une concertation nationale, il serait bon de rappeler certaines informations clés sur le pays. Ceci nous aidera quelque peu à réaliser l’urgence de la nécessité pour le pays et ses décideurs de trouver des issues qui permettront aux leaders de demain de trouver leur voie.

La population gabonaise est estimée à 1.811.079 habitants selon le recensement Général de la Population et des Logements de Décembre 2013. Elle est relativement jeune car près de 54,6 pourcent de la population a moins de 25 ans. Parlant de cette tranche de la population, on peut en dire de manière globale, que 35, 7% des jeunes de 15 à 24 ans sont frappés par le chômage (selon l’Etude de la Banque Mondiale intitulée Rapport sur la Croissance et l’emploi en République gabonaise, créer les conditions d’une croissance inclusive, et publiée en 2013).

Comme tous les pays Africains, le Gabon fait face à de nombreux défis dont celui de l’emploi des jeunes. Cette situation est liée en partie au choix restreint de formations offertes dans le pays; aussi des suggestions judicieuses les aideront certainement à trouver des voies qui mèneront à leur épanouissement social et financier.

Pour ce qui est de l’économie du Gabon, elle a été tournée pendant des décennies vers la consommation plutôt que l’investissement. Toutefois, cette tendance est en train de changer avec la dure réalité de la chute des coûts du baril de pétrole. Les différentes actions entreprises par le gouvernement pour sa diversification sont encore à leurs débuts et ne semblent pas toutes attirer les jeunes. Ceci devrait nous interpeler et nous emmener à redoubler d’efforts et de réflexion afin de nous rapprocher de leurs vrais centres d’intérêt. Chacun sait à quel point la performance au travail, et donc l’efficacité, sont étroitement liées au plaisir que nous prenons à accomplir les tâches qui nous incombent.

Nous avons dans un précédent article effleuré le concept de tables de concertation ou conférence de réflexion en nous efforçant de trouver le terme approprié qui ne frustrera aucun parti, tout en invitant les compatriotes intéressés. Il ne s’agit pas juste de concepts théoriques car le siècle précédent à vu se déployer le mouvement des non-alignés, la création de l’OUA ainsi que des conférences plus régionales, sur des sujets aussi pointus que l’égyptologie et bien d’autres… Permettez-moi de m’éloigner de ces exemples car il existe fort heureusement dans notre communauté des experts tout à fait aptes à me corriger sur des points que je ne vais même pas examiner.

Voici à mon sens la réflexion du moment :  

  • Comment répondre à un jeune qui me demanderait conseil sur son avenir ?

  • Où devons-nous investir nos efforts pour assurer un quelconque avenir pour nos familles.

Nous tenterons d’orienter la réflexion et les débats sur deux secteurs d’activités qui sont le domaine agricole et les nouvelles technologies.

Le domaine agricole

Notre objectif planétaire commun et primordial, comme pour toute nation qui vise l’efficience économique, est d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Toutefois cet objectif ambitieux ne pourra être atteint qu’après la mise en place de nombreuses mesures d’accompagnement telles que ;

  • La poursuite des actions d’amélioration du système routier actuel qui permettra l’écoulement des produits de la terre de l’arrière-pays vers les capitales provinciales ;

  • Les mesures d’accompagnement des coopératives villageoises qui sont en cours de formations depuis quelques mois ;

  • La mise en place de canaux de distribution ou de marchés d’échange entre agriculteurs et éleveurs ; quels supermarchés ou épiceries signeront des partenariats avec les agriculteurs et éleveurs locaux ?

  • La mise en place de mesures de protection ou d’accompagnement de ces agriculteurs et éleveurs. Quelles lois devront être votées et mises en application pour faciliter le travail de ceux-ci ? Devons-nous songer à mettre en place une carte d’éleveur ou agriculteur qui donnerait droit à des exonérations d’impôt les 3 ou 5 premières années selon les domaines ?

Avant d’arriver à ce niveau, il nous faut déjà œuvrer à encourager nos cadets à entreprendre toutes les démarches nécessaires à l’obtention d’un lopin de terre et des semences pour initier son projet. Quel serait ce projet ; être cultivateur ? Ou éleveur ? Seule la prise en compte de ces détails importants cités ci-dessus pourra le déterminer.

Nous faisons allusion ici au travail le plus généralisé de notre culture, qui est celui de planter soit des légumes, des arachides, de l’oseille, ou des arbres fruitiers. Ce qui fait, pour ainsi dire, partie de nos gènes. Quelle honte y aurait-il à exploiter nos compétences ancestrales ? Nous devrions plutôt en être fier, surtout lorsque nous envisageons le retour sur investissement une fois que tous les canaux de distributions fonctionnement comme il se doit. Comme on ne peut planter n’importe où, le premier obstacle serait de trouver des zones désignées agricoles, cette partie incombe au gouvernement.

Par la suite le prochain objectif serait l’accessibilité qui fait allusion au système routier, et la certification, pour finir avec les équipements de labour pour ceux qui voudront se lancer dans l’agriculture à une plus grande échelle.

Souvenons-nous que nous avons un département de génie agricole au sein de l’Université des Sciences Techniques de Masuku (USTM) qui est prêt à soutenir toute entreprise, nous avons également le ministère de l’agriculture qui détient les procédures relatives à la gestion des ressources nationales et dont les statuts et textes couvrent tous les aspects mentionnés plus-haut.

Alors pourquoi le jeune entrepreneur ne peut-il pas faire décoller son projet? A quel obstacle est-il encore exposé? En répondant à cette question, on comprendra le bris de communication avec la jeunesse si sacrée.

Supposons un instant que les informations relatives aux micro-crédits soit mieux diffusées et que les ressources techniques des structures de formation ainsi que les ressources financières des bailleurs de fonds locaux travaillent étroitement avec le jeune entrepreneur. Peut-être que nous parviendrons, à la longue, à voir des plantations bien gérées et une économie stimulante.

Les nouvelles technologies

L’autre secteur auquel nous nous intéresserons est celui des nouvelles technologies. Le Gabon est un pays où la technologie et l’utilisation des données internet sont très avancées, mais surtout très utilisées par les jeunes qui téléchargent des jeux, des films, des applications, etc. Tout ceci à des coûts de plus en plus compétitifs ; c’est pourquoi il serait judicieux de miser sur ce secteur très prometteur.

L’Etat gabonais pourrait encourager la création de startups qui aideraient le gouvernement à mettre en place de meilleurs systèmes de gestion dans des domaines variés.

Par ailleurs, pour encourager les jeunes, le gouvernement pourrait également inciter la création d’écoles et de centres spécialisés dans les nouvelles technologies. Une mesure d’accompagnement, serait une exonération de toutes les taxes sur l’importation de certain matériel lié aux nouvelles technologies, tout comme il pourrait envisager la mise en place de concours pour récompenser les découverte les plus innovantes dans le domaine des nouvelles technologies.

L’Afrique est un des marchés les plus convoités par les grandes entreprises telles que Google, Facebook et autres. Les nouvelles technologies génèrent plus de 30 milliards de dollars en Afrique, c’est pourquoi le Gabon ne devrait pas passer à côté d’une telle occasion qui contribuerait non seulement à la diversification de son économie, mais également à son développement, et à l’émancipation de sa jeunesse.

Voici quelques idées qui pourront nourrir les débats ; évidemment plusieurs autres contributions, initiatives ou projets allant dans le même sens sont envisageables par les jeunes eux-mêmes. En effet, toutes ces questions seront mieux débattues avec les concernés ; la jeunesse que j’invite ici à faire entendre leurs préoccupations majeures ainsi que leurs choix d’activités rémunératrices. De cette façon nous serons assurés du fait que les intérêts de chacun auront été pris en compte.

 

Par MAMBANGUI MAIXENT, Gabonais de France.
Mise en ligne : AM DWORACZEK-BENDOME
Le 26 mars 2017

 

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