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Gabon : Junior Ebong Tchissambo activiste gabonais livre les circonstances de sa garde-à-vue(RGV) à l’ancien commissariat de Nkembo

« on nous déshumanise lors de notre formation, on nous apprend à ne jamais avoir pitié d’autrui mais moi je reste humain, je ne  peux pas voir autrui souffrir dans réagir, ce n’est humain. Donne-moi ton argent je vais t’acheter ce que tu veux 

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Junior Ebong Tchissambo n’a pas cédé aux tentatives d’intimidations des agents de police.

  Les faits remontent au Jeudi 31 Aout 2017 au niveau du rond-point de l’avenue de Cointet à quelques encablures de l’office de national de  l’emploi (O.N.E). C’est à cet endroit que s’est érigé, depuis plus d’un an ou deux, des postes de polices de fortunes et où le racket des automobilistes à dominance des taximen, qui sont dépouillés par des flics ripoux « les morpions » honteusement et au vu e au su de tout le monde. Ce qui plonge les riverains de ce quartier dans l’indignation, c’est le non-gène de ces « morpions » face à leur acte qui n’honore pas notre pays et souille son image du fait que les pots-de-vin qui sont versés aux « morpions », ne renflouent pas les caisses du trésor publique puisque les éventuelles contraventions qui auraient pu être imposées en cas d’effractions ou absence de pièces justificatives à jour des automobilistes, sont transformées en « salut du képi du chef ».

 

  Aussi, faut-il le relever, la mafia qui règne  autour de l’incivisme et la corruption à grande échelle de nos forces de sécurité et de l’ordre,  mérité d’être, une fois de plus, dénoncée afin que les opinions sachent exactement à quel genre d’énergumènes a-t-on affaire. Dans ce sens, une association de malfaiteurs bien organisées par certains officiers du service de la voie publique de la préfecture de police de Libreville, c’est donc cela qui a suscité l’activiste Junior Ebong Tchissambo, d’agir et monter au créneau pour dénoncer cette mascarade non seulement en cherchant des preuves mais aussi en tentant de démanteler ce réseau mafieux.

 

 En effet, la direction de la voie publique est engouffrée dans des affaires aussi louches que scandaleuses. Les agents subalternes sont envoyés dans les rues pour récupérer les dossiers des automobilistes ne remplissant pas les conditions de circulation ou d’absence de pièces justificatives. Ainsi, la toile tissée, permet aux « morpions » de saisir les dossiers ; certains les laissent partir pour des sommes variant entre 1000, 2000 et 5000 Fr CFA. Et, quand ils estiment que l’effraction est plus graves, ils  délivrent un « reçu » indiquant le nom du chauffeur, parfois le nom de l’agent, le numéro de la porte dans  laquelle l’automobiliste doit se rendre et le montant à verser dans les services de la direction de la voie publique (la porte n°108, 106 ressortent très souvent). Ayant enquêté sur ce dossier, Junior Ebong Tchissambo, a tenté une fois de plus de photographier des « morpions » en plein exercice de racket, généralement, sans ordre de mission. Mais, par mégarde, le 31 Aout aux environs de 12h, en photographiant un policier au lieu dit avenue de Cointet, c’est l’omission de désactivation de son téléphone qui a emmené le « flic ripoux » à s’en apercevoir très rapidement et décider de confisquer le téléphone son téléphone de marque Samsung J1 avant de menacer de le détruire ; puis a décidé de le conduire au poste de son supérieur hiérarchique à la préfecture de police.   

         

 En arrivant à la préfecture de police et après avoir été baladé çà et là, c’est finalement au bureau N°114 qu’un lieutenant officier de police judiciaire, a pris le dossier en main et a décidé de conduire M. Junior Ebong Tchisambo auprès de directeur commandant de la voie publique afin qu’il explique sur son acte. Se faisant, il a été appelé à donner sa grande identité et sommé de déverrouiller son téléphone à travers un mot de passe ; c’est ainsi que le directeur commandant a consulté les images de son téléphone puis a pu découvrir plusieurs autres photos filmées une semaine plus tôt à l’instar des photos contenus dans le téléphone qui ont été à l’origine de son interpellation. Interloqué par cette découverte, le directeur commandant poursuivra son interrogation en demandant à l’interpellé de donner l’adresse de son blog internet, chose faite, l’un des sept agents présents dans le bureau du directeur commandant, a tenté vainement de retrouver l’adresse du lien qui a été donnée et d’une seule voie, ces derniers ont asséné d’injures M. Junior Ebong Tchissambo le traitant de tous les noms d’oiseaux avant que leur chef, leur intime l’ordre d’arrêter leur besogne.    

 

 En outre, c’est suite à ce premier interrogatoire que le directeur  commandant suggéra que l’on entende le mis en cause sur procès-verbal. Cet donc au bureau N° 115 que ce dernier fut entendu pour livrer sa part de vérité et répondre aux questions du lieutenant Marie Clarisse Abeme Ndong, par ailleurs, officier de police judiciaire qui a, comme la procédure en la matière l’exige, mis le téléphone sous scellé mais a permis au mis en cause d’émettre certains appels utiles. Au cours de la rédaction du PV, le mis en cause a réaffirmé que les actes de racket à grande échelle se  déroulait dans ce quartier et que c’est fort de cela qu’il s’indigne à l’instar d’autres riverains anonymes qui jugent les agissements des  « morpions » peu orthodoxes.

 

 En conséquence, le mis en cause en tant que citoyen responsable a décidé de ne pas observer une telle dérive sans réagir mais de collecter des preuves à cet effet afin de les garder en archive dans ses données personnelles afin de les utiliser au moment opportun. Mais, c’est un acte  audacieux  qui n’a pas suscité le sourire de la majorité des agents « morpions » dont l’un lieutenant du bureau N° 114 qui a carrément refusé que le mis en cause ne fasse une partie de ses besoins physiologiques, ce qui est portant un droit inaliénable; c’est donc grâce au brin d’humanisme  et l’insistance du lieutenant en charge de la rédaction du PV, que le mis en cause a été permis de faire une partie de ses besoins, dans un édifice public qui a un manque criard de sanitaires praticables. C’est alors que l’entièreté du PV a été rédigé et a été signé par le mis en cause qui a profité de l’inattention de l’agent pour faire un statut sur son compte Facebook annonçant son interpellation. Il faut souligner qu’un procès en sorcellerie a été intenté contre le mis en cause sur son intention de publier les photos contenus dans son téléphone afin de ternir l’image de la police, ce fut donc le premier mobile brandit par les agents.

 

  Aussi, est-il nécessaire de dire que, un proche du mis en cause, était présent pour connaitre la suite des événements et, quelques minutes après la signature du PV, la GRV n’a été signalée et le mis en cause a été prié de regagner son domicile pour revenir le lundi…..sans son appareil téléphonique qui est resté sous scellé. Le mise cause ne s’est pas prier de faire un nouveau statut sur son mur Facebook en faisant l’économie de ce qui s’est déroulé quelques heures plutôt, en citant nommément l’un des OPJ dont il a pu retenir l’identité.  Ce post a suscité beaucoup de réactions et des messages de soutien à l’égard du mis en cause et l’OPJ cité aurait, selon ses dires, reçu des appels de ses proches pour l’informer de celui.

  

Le lundi 4 Septembre, comme convenu, Junior Ebong Tchissambo s’est rendu à la préfecture de police accompagné, bien sûr, par l’un de ses proches. Face à la colère de l’OPJ cité dans son post sur le réseau social Facebook trois jours plutôt, le ton ayant s’étant empiré et l’enquêteur dans son émoi n’a pas respecté le secret de l’enquête, répétant à tout le monde et à tout va le fait incriminé avant d’emmener le mis en cause en salle de signalement puis le placé en GRV pour violation du droit de badge à partir de 11h30. Le chef du poste de signalement prenant la parole déclara ce qui suit : «  c’est toi qui va arrêter le racket des policiers ? Ça se fait dans tous les pays du monde, on ne peut pas changer ça, c’est comme ça». Voyez donc le degré d’irresponsabilité et la probité morale douteuse pour ne pas dire quasi absente d’un OPJ et un policier qui se veut être représentant et respectueux des lois du pays.

 

    Dans le même ordre, d’idées, c’est la problématique du respect de la procédure et la responsabilité de nos agents de force de l’ordre et de sécurité qui se pose de prime à bord. Comment expliquer qu’au Gabon, lorsque qu’une personne est mise, injustement ou pas,  en garde-à-vue, celle-ci ne se voit pas lire ses droits? Est-ce le manque de rigueur dans la formation des hommes en uniforme ou est-ce que cela est entretenu pour mettre du flou et empêcher les citoyens de connaitre leurs différents droits lorsque ceux-ci seraient aux prises avec la justice ? Que cache se dessein honteux, abject et abscons ? Les conditions carcérales dans les commissariats, à la DGI, la DGR, au B2 sont-elle enviables et s’arriment-elles aux standards internationaux?

 

    C’est donc à l’ancien commissariat de Nkembo dans le deuxième arrondissement, que la GRV de M. Junior Ebong Tchissambo consécutive à celle de fin Février-Mars 2011 (11 jours de détention arbitraire), s’est poursuivi, et bien que sa fiche d’écrou prévoyait 48 heures de « violon », renouvelable une fois, ce dernier y a demeuré plus de 98 heures, en violation des dispositions constitutionnelles donc de ses droits fondamentaux. Particulièrement, cette GRV n’a pas été sans difficultés à plusieurs égards. Puisque les conditions d’hygiène et de salubrité n’étaient pas réunions : on pouvait se gêner des odeurs nauséabondes qui fusaient dans le poste de police et le « violon » qui coupait tout envie de s’alimenter. Comme il fallait que le  mis en cause s’abreuve d’aliments et  de ses cachets quotidiens, c’est donc au forceps que le mis en cause, a, pris ses cachets tant la teneur des odeurs dérangeait, mais il n’avait pas le choix.

 

  Les jours suivants, l’ambiance au sein du poste de police n’était pas moins alarmante; puisque des mises sous écrous se succédèrent les unes après les autres, soit par motifs fallacieux soit encore par motifs valables mais toutes ou presque furent soldées par des relaxes moyennant des sommes d’argent. Il faut souligner qu’il n’existe pas de ration pour les gardés-à-vue, il faut nécessairement qu’un proche apporte de quoi se nourrir à son parent. A noter que la cellule « violon » est mixte, c’est-à-dire que les civils et des corps habillés peuvent y être enfermés. Le fait est révélé en ce sens que les agents qui étaient placés en GRV, avaient le droit de sortir à leur guise, d’aller consommer de l’alcool parfois toute une nuit quand d’autres s’en évadèrent tout simplement et y revinrent guère. 

 

  Certains flics amoraux  qui, pourtant, sont censés connaitre la loi et les principes qui régissent leur métier, ne se sont pas imposer une rigueur et une discipline quant à la gestion de la main courante de leur poste de police. Il suffit qu’un ordre mal donné soit fait, ils l’appliquent aveuglement en portant atteinte à l’intégrité du registre des actes du poste de police communément appelé « main courante, qui se trouve entaché d’irrégularités criards. Aucun substitut du procureur ne rend à Nkembo puisque c’est un ancien commissariat et qu’à ce titre, il ne devrait pas y avoir des GRV. Régiment après régiment, unité après unité, des tortures et des arrangements louches s’y déroulent, des  dénigrements de la personne humaine. Tenez, il a été interdit au mis en cause de s’alimenter avec des produits manufacturés la veille de sa relaxe qui, comme il a été dit plus haut, suit un traitement délicat. Il était 22h passé, une demi-dizaine de flics, d’une même voie, ont refusé d’aller acheter ces produits malgré le fait qu’il possédait de l’argent. Ce n’est qu’après plus d’une heure environ, que l’un des flics, profitant de l’absence de ses collègues, que la conséquence de ce qui se fait, n’est que le fait de la déshumanisation de la police : « on nous déshumanise lors de notre formation, on nous apprend à ne jamais avoir pitié d’autrui mais moi je reste humain, je ne  peux pas voir autrui souffrir dans réagir, ce n’est humain. Donne-moi ton argent je vais t’acheter ce que tu veux » déclara-t-il d’un air triste.

 

  Menacé d’être déféré et écroué à sans famille, le mis en cause n’a pas faibli mentalement et psychologiquement, non sans rappeler que, lors de sa mise sous écroué, il a été palpé par une policière puis des attouchements et des railleries ne relevant pas de cet acte, ont été pratiquées sur lui au vu et au su de tout le monde. Après plus de 98 heures de détention arbitraire du fait que la responsabilité pénale n’ait pas été élucidée et prouvée et sous la présentation d’un certificat médical, que la relaxe de Junior Ebong Tchissambo a pu se faire le Jeudi 7 Septembre  à 15h55 par lieutenant revancharde Marie Clarisse Abeme Ndong sur instruction du  directeur commandant de la voie publique et ce après avoir supprimé, hormis certaines images de policiers en plein « service », des données personnelles dont les photos de l’artiste gabonais vivant en hexagone, sociétaire du groupe Movaizhaleine,  Lord Ekomy Ndong et un drapeau aux couleurs du pays mais avec une étoile rouge au centre, ce qui est un concept « sur mon drapeau » appelant les forces de l’ordre d’arrêter de faire  le sang des innocents et de servir la République et non des hommes…Et aussi, que ce lieutenant a tenté vainement d’intimider le mis en cause arguant que son blog serait filé; qu’ils auraient visités le cyber café de son quartier, qu’ils connaissaient son domicile donc subtilement l’empêcher, à travers ces arguties, de continuer ses activités d’activiste( pan africaniste).

 

 En somme, il faut l’affirmer ; la police et la gendarmerie gabonaises sont des entités honteuses, abjectes, absconses, amorales et pas crédibles.  Comment des agissements blâmables sont le partage de ces entités alors qu’elles devraient être une vitrine, un miroir pour la société ? On recrute dans les corps habillés, des personnes qui n’ont aucun niveau réel, pas bien formés dans les écoles de police et de gendarmerie sur les questions de droits communs, de droits de l’Homme, même ce minimum ? Nenni ! Toujours prompt à massacrer, charger, humilier, torturer et violer les droits fondamentaux des populations mais pour faire leur travail, Zéro.  Honte à vous. On n’est pas encore sorti de l’auberge « du salut ».

 

Transcription

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