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Séminaire du Cap Estérias : Une pâle copie de 2015 !

 

Quelques deux ans après la tenue, à la Pointe Denis d’un séminaire gouvernemental axé sur le maintien de la croissance économique et sociale, la stabilité macroéconomique et la viabilité financière publique, les membres du gouvernement se sont récemment réunis au Cap Estérias. Une énième rencontre axée sur la réduction du train de vie de l’Etat. Seul hic, les recommandations du dernier séminaire ressemblent à bien des égards à celles de 2015. Lesquelles recommandations n’ont pas été respectées.

 

L’Etat a-t-il failli dans le respect des recommandations du séminaire gouvernemental de 2015, tenu à la Pointe Denis et centré sur le maintien de la croissance économique et sociale, la stabilité macroéconomique et la viabilité financière publique ? Ce séminaire organisé il y a près de deux ans, n’a-t-il été qu’une balade pour les membres du gouvernement ? Si deux ans après la tenue de ce séminaire, des mutations sont survenues dans la configuration géopolitique de l’administration publique gabonaise avec l’arrivée à la tête du gouvernement d’un nouveau profil, Emmanuel Issoze-Ngondet en lieu et place de Daniel Ona Ondo, Premier ministre sortant et de nouveaux profils de ministres issus de tous bords, (opposition et Société civile), les défis de cette nouvelle classe dirigeante ne diffèrent pas de 2015.

 

Le recul de la croissance économique, l’accumulation des impayés sur la dette publique, les retards dans l’exécution des travaux publics, les destructions d’emplois dans certains secteurs compromettre en effet la prospérité économique du Gabon, affectent le quotidien des populations et sont explicatifs du malaise enregistré dans les caisses du pays. Une situation engendrée par la débâcle des prix du pétrole dont le Gabon tire 60% de ses recettes. Pour contrer cette valse d’échecs alors au premier degré, l’Etat, dans un séminaire baptisé « Séminaire gouvernemental » avait en 2015 à la Pointe Denis recommandé des « ajustements » pour faire face à la crise et mettre le pays à l’abri de tout danger économique. C’est pourquoi, il avait été proposer la baisse des salaires des ministres, la priorisation des projets d’investissement, la réduction du train de vie de l’État, la création d’une caisse de stabilisation des recettes de l’État, la recherche des poches d’économie pour minimiser l’impact de la crise du pétrole, la suppression de la notion du cumul de fonctions, la réduction du nombre de véhicules de fonction et bien d’autres.

 

En analysant le seul agrégat économique qui reflète le niveau de santé d’une économie, c’est-à-dire la croissance on se rend bien compte que certains de ces recommandations n’ont pas été exécutées ou respectées.  D’une croissance économique de 3,9% en 2015, celle-ci s’évalue aujourd’hui à 1%. Or, le respect minutieux de cette feuille de route des recommandations de ce séminaire aurait certainement, soit permis de faire stagner la croissance à son niveau de 2015, soit de la relever d’au moins un point du pourcentage en dépit de la situation qui prévaut sur les marchés. De même, en revenant sur les recommandations déjà formulées lors d’un séminaire sensé sortir le pays de l’auberge, les dirigeants viennent de « montrer leur incapacité à tenir leurs propres engagements », et ce, quelques soit la situation critique dans laquelle le pays est plongé. Car, si le séminaire du Cap Estérias consacre encore ses discussions autour des recommandations déjà annoncées en 2015, c’est qu’un malaise est perceptible et que les promesses de 2015 n’ont pas été tenues. Que pourrait-il en être donc de cette nouvelle formulation calquée sur le modèle du Séminaire de la Pointe Dénis de 2015 ?

 


Michael Moukouangui Moukala

Transcription

ali bongo Emmanuel Issoze Ngondet gabon Séminaire du Cap Estérias

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